Dans un café baigné de lumière douce, la rencontre avec Jacques Nougaret se fait entre confidences et passions profondes. À 83 ans, ce Biterrois d’origine incarne à lui seul la mémoire vivante de Béziers, une ville qu’il connaît comme sa poche et dont il raconte les histoires avec une humilité désarmante. Ni écrivain, ni historien – selon ses propres mots – Jacques se définit avant tout comme un rapporteur d’histoires. Son regard s’illumine lorsqu’il évoque la richesse du patrimoine local, les anecdotes qui tissent le fil de la narration collective biterroise. Au fil de cette discussion autour d’un café, il ouvre une porte sur la façon dont la passion pour le passé se mêle au présent, entre souvenirs sportifs, efforts personnels et souvenirs d’une ville autrefois portée par la ferveur du rugby.
Son récit se construit sur le partage, l’observation quotidienne et une discipline personnelle qui le pousse à apprendre chaque jour, à la fois homme de terrain et conteur attentif. La dualité entre la rigueur d’une connaissance patiemment accumulée et la spontanéité d’un témoignage vivant donne à ses interventions un relief unique, accessible à tous. C’est une invitation à la découverte, dans une narration où se croisent les destins individuels et l’histoire collective, révélant aussi la beauté d’un engagement sans prétention mais plein d’authenticité.
Jacques Nougaret : un témoin passionné du patrimoine biterrois
Il y a dans la manière qu’a Jacques Nougaret de parler de Béziers cette douceur mêlée à une certaine mélancolie, comme celle d’un sportif qui sait que le parcours n’a pas toujours été facile, mais qu’il en vaut la peine. Son engouement pour la ville s’est affirmé avec le temps, surtout à l’aube de la retraite, quand il s’est lancé dans un travail de mémoire qui dépasse la simple curiosité. Son parcours professionnel dans les assurances, son engagement municipal en tant qu’adjoint au Patrimoine et surtout sa passion autodidacte lui ont permis de devenir une figure incontournable dans le paysage culturel local.
Jacques ne revendique pas le titre d’historien ni d’écrivain, préférant revendiquer celui de rapporteur d’histoires. Cette distinction est cruciale : il ne s’agit pas pour lui d’établir des théories mais de transmettre des émotions, des anecdotes, des faits qui donnent vie au passé de la ville. Accompagné d’historiens comme Éric Baldy ou Amaury De Nervaux, il met sur pied des visites guidées qui transforment Béziers en une scène vivante, un terrain d’exploration où chaque pierre, chaque ruelle, raconte une histoire.
La narration au cœur de la transmission d’une mémoire vivante
Ce qui saisit avec Jacques, c’est la façon dont il mêle le récit, la narration et le conte pour transmettre son savoir. Ce n’est pas un exercice académique mais une discussion intime qui invite à ressentir l’âme de la ville. Ses histoires sont autant de témoignages vivants qui font revivre le passé, entre légendes, faits historiques et anecdotes truculentes.
Par exemple, lors de ses interventions dans un club taurin ou lors des visites organisées aux arènes de Béziers, Jacques captive son auditoire en racontant l’évolution des lieux, leurs symboles et la place essentielle qu’ils occupent dans la vie locale. Cette approche se rapproche davantage d’un conversationnel qu’un exposé traditionnel, avec un souffle de poésie et de réalisme mêlés.
Une vie de sport infusée dans la passion de la ville
Au-delà du patrimoine et de la narration, Jacques est aussi un sportif accompli. Sa propre histoire s’inscrit dans un équilibre entre activité physique et intellectualité. Dans les années 80, il fonde les Chameaux de Béziers, un club de triathlon emblématique, et impulse la création du triathlon de Valras, un événement majeur qui a réuni jusqu’à 800 participants.
Cette dimension sportive n’est pas qu’une anecdote : elle illustre bien l’idée que connaître son territoire passe aussi par l’épreuve personnelle, le dépassement de soi. À travers la course, la natation et le vélo, Jacques a développé une discipline qui l’a sans cesse poussé à aller plus loin, aussi bien physiquement que dans sa quête de connaissances sur Béziers.
Les valeurs du sport et du récit : discipline, plaisir et quête perpétuelle
Ce que je retiens surtout de l’expérience de Jacques, c’est la manière dont il lie la rigueur sportive à la richesse narrative. En triathlon, chaque entraînement est une victoire sur soi-même. Dans son engagement autour du patrimoine, c’est pareil : chaque découverte, chaque nouvelle anecdote est une petite conquête. Il n’y a pas de hasard dans cette persévérance, seulement cette énergie que chaque passionné de sport connaît bien.
Et ce n’est pas une quête austère. Jacques insiste sur la dimension ludique du récit, sur le plaisir de raconter des histoires qui font sourire ou étonnent. Il aime jouer avec le conte, parfois romancer les faits tout en respectant leur véracité, pour mieux captiver son auditoire. C’est cette alliance entre discipline et légèreté qui donne toute sa force à son parcours.
Les lieux et objets emblématiques qui nourrissent le récit biterrois
Jacques a ses préférences, ses coups de cœur, qui ne sont jamais uniquement personnels mais incarnent aussi l’âme de Béziers. Voici une petite liste qui permet de mieux saisir ce que ces lieux et objets représentent :
- Le plateau des Poètes : un lieu reposant, chargé de sérénité, où l’on peut ressentir la beauté simple de la ville.
- L’église Saint-Aphrodise : une véritable matrice historique, d’où partent les traditions biterroises.
- Les Ostals : un endroit chargé d’histoires, témoignages vivants du patrimoine local.
- Le bar La Victoire : un bistrot parisien en plein cœur des Allées, symbole de convivialité.
- Le livre “Les légendes du vieux Béziers” de Mathilde Bellaud-Dessalles : une source incontournable d’histoires et d’anecdotes.
- Le domaine de la Colombette : un exemple d’innovation viticole locale qui allie respect des traditions et modernité.
Un tableau pour saisir les grandes étapes du parcours de Jacques Nougaret
| Année | Événement marquant | Impact sur le patrimoine local |
|---|---|---|
| 1943 | Naissance à Béziers | Racines profondes dans la ville |
| Années 70-80 | Vie sportive intense : rugby, course, création des Chameaux de Béziers | Animation et promotion du sport local |
| Début des années 80 | Lancement du triathlon de Valras | Organisation d’événements sportifs novateurs |
| Troisième mandat de Raymond Couderc | Adjoint au Patrimoine | Engagement municipal fort en faveur du patrimoine |
| Depuis 2000 | Organisation de visites guidées avec la Société archéologique | Dynamisation de la connaissance populaire du patrimoine |
| 2026 | Continuité du rôle de témoin et narrateur | Transmission multigénérationnelle des histoires de Béziers |





