À 26 ans, la Havraise Éloïse Combe a transformé un passé abîmé par les troubles du comportement alimentaire en trajectoire sportive lumineuse. Le 11 octobre 2025, elle s’alignera aux Championnats du monde IRONMAN à Kona (Hawaï).
De l’ombre à la ligne de départ
Longtemps freinée par les TCA, Éloïse a trouvé dans l’entraînement au long cours une méthode pour se reconstruire, cadrer ses journées et réapprendre à écouter son corps. Étudiante en Master à l’EM Normandie (campus du Havre), elle s’est servie du triathlon comme d’un fil d’Ariane : avancer un peu chaque jour, cocher des micro-objectifs, jusqu’à décrocher une qualification mondiale.
Cap sur Kona, la Mecque du triathlon
Épreuve-mythe du circuit, l’IRONMAN World Championship cumule 3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon (42,195 km) sous chaleur et vent. Le 11 octobre 2025, la course féminine revient sur la Big Island. Pour Éloïse, Kona est plus qu’un dossard : c’est la preuve tangible qu’on peut remettre du sens et de la fierté là où la maladie avait tout grignoté.
Étudier, s’entraîner, tenir le cap
Entre cours, stages et séances bi-quotidiennes, sa semaine est millimétrée : natation technique à l’aube, travail de force sur le vélo, footing au seuil, et un gros bloc d’endurance le week-end. L’objectif n’est pas de « s’épuiser pour oublier », mais d’habiter l’effort : surveiller les niveaux d’énergie, manger suffisamment, faire de la récupération une priorité.
Son message à celles et ceux qui traversent la même tempête : le sport peut aider à guérir, à condition d’être entouré (médecin, nutritionniste, proches, entraîneur) et de rester à l’écoute de ses signaux internes.
Inspirer sans moraliser
Auprès des étudiants comme sur ses réseaux, Éloïse milite pour le sport féminin et la santé mentale. Briser les tabous autour des TCA, rappeler que la performance durable passe par l’équilibre : son histoire dépasse les frontières normandes et parle à toute la communauté triathlon. La vraie victoire n’est pas seulement un chrono, mais le chemin pour y arriver.
Repères — IRONMAN World Championship
- Format : 3,8 km natation • 180 km vélo • 42,195 km course à pied
- Lieu & date (féminines) : Kona, Hawaï — 11 octobre 2025
Le mot d’Éloïse
« Je ne cours pas pour oublier qui j’ai été. Je cours pour me prouver que je peux être plus forte que la maladie, et pour offrir de l’espoir à celles et ceux qui en ont besoin. »
Une semaine type d’entraînement (exemple)
- Lundi : Natation technique (2 000–2 500 m) + mobilité
- Mardi : Vélo force (1h30, travail en côtes) + footing léger 30 min
- Mercredi : Course à pied au seuil (8–12 km, blocs tempo) + renfo
- Jeudi : Natation endurance (3 000 m) + éducatifs
- Vendredi : Vélo endurance (1h45) + transitions courtes
- Samedi : Sortie longue vélo (3–4h) avec portions spécifiques
- Dimanche : Long run progressif (16–22 km) + étirements et récupération
Conseils clés pour concilier performance et santé
- Planifier l’entraînement autour des études ou du travail, pas l’inverse.
- Prioriser le sommeil, la récupération et la nutrition adaptée à la charge.
- Éviter l’isolement : s’appuyer sur un staff médical et un entourage bienveillant.
- Garder des objectifs réalistes et réévalués régulièrement.
Et maintenant ?
Derniers réglages, affûtage et voyage à Hawaï : dans quelques semaines, Éloïse plongera dans le Pacifique avec des milliers d’autres athlètes. Qu’importe le temps à l’arrivée : sa qualification est déjà une victoire sur la maladie et un message puissant à toute la communauté. À Kona, elle courra pour elle, mais aussi pour tous ceux qui cherchent, à travers le sport, une façon de se relever.


